Marseille est une porte ouverte sur les saveurs du monde. 🍜 En quelques stations de métro, on passe de la Palestine au Pérou, de l’Éthiopie à Bali. Cette aventure gastronomique est un tour du monde culinaire à portée de fourchette.
Huit restaurants Marseille racontent chacun un pays, une histoire, une tradition. La cuisine internationale y est vivante et généreuse. Pour les amateurs de découverte culinaire, ce voyage culinaire est une chance rare.
Premières escales : Palestine, Pérou, Éthiopie
Le tour du monde culinaire commence au Vieux-Port, puis se poursuit vers la Plaine et les Chartreux. Trois cuisines, trois ambiances.
Rimal, un goût de Palestine au cœur du Vieux-Port
Abdalkarim Abualeinein, ancien journaliste de guerre à Gaza, a tout appris de la cuisine après un CAP. Il sert aujourd’hui le musakhan, un poulet mijoté aux oignons et au sumac, et la maqlouba, un bœuf épicé au riz parfumé aux aubergines.
« La cuisine palestinienne, c’est une cuisine de village », confie-t-il. Chez lui, on se sent comme à la maison. Le partage est au cœur de l’expérience.
La Chola, le Pérou au cœur de la Plaine
Patricia Pinto Carranza a grandi près de Máncora, dans le nord du Pérou. Elle a ouvert La Chola en 2007, rue des Trois Frères Barthélémy. Son ceviche est connu, avec sa marinade de citron vert, piment, coriandre et gingembre, la fameuse « leche de tigre ».
Ce plat est inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Les curieux apprécieront aussi les canastitas de patacones, des paniers de bananes plantains frites garnis d’oignons, de tomates et de calamars.
Bereket, l’Éthiopie aux Chartreux
Les sœurs Menty et Mulu tiennent Bereket, boulevard d’Arras. Leur cuisine repose sur l’injera, une galette de teff. On y dépose des purées de pois chiche, des lentilles aux tomates, du chou. Le tout se mange avec les mains, en famille.
Le chekla tibs, des lamelles de bœuf revenues dans du beurre avec oignons et épices, est servi au-dessus de flammes. Le café, torréfié maison, est relevé de cardamome ou de gingembre. Une expérience dépaysante.
De l’Afghanistan à la Serbie, deux cuisines généreuses
La découverte culinaire se poursuit quartier Réformés, puis à Saint-Marcel. Deux cultures de la table, où l’on mange beaucoup et avec plaisir.
Afghan Restaurant, les parfums de l’Afghanistan aux Réformés
Saideh Seifi a ouvert son restaurant en avril. La cheffe irano-afghane met à l’honneur une cuisine du carrefour de l’Asie centrale et du Sud. Cumin, curcuma, cannelle, coriandre : les épices afghanes créent un équilibre subtil.
Le mantu, des raviolis à la viande cuits à la vapeur, le chapli kabab et le kabuli palaw sont les spécialités. Des plats pakistanais végétariens complètent la carte, pour varier les plaisirs.
Chez Darko, la convivialité serbe à Saint-Marcel
Isabelle Elena et Darko Radisavjlevic ont ouvert Chez Darko. Ici, on aime les grosses tablées et la musique. On peut danser entre les tables. Darko, originaire de Jagodina, veut faire vivre l’expérience des Balkans.
La viande est marinée 12 à 24 heures, puis assaisonnée de vegeta. Les ćevapi, petits rouleaux de bœuf et de porc, et la pljeskavica sont les vedettes du menu.
Laos, Comores, Bali : trois dernières escales exotiques
Le voyage culinaire se termine entre Sébastopol, le Boulevard National et Castellane. Trois îles de saveurs, trois univers différents.
Khantok, le Laos à Sébastopol
Ely Tran, 38 ans, a ouvert Khantok pour partager les saveurs du Laos. Les clients passent par les cuisines avant de s’installer. La cheffe adapte le piment selon la tolérance de chacun.
Le nem thadeua, une salade de riz croustillant à la coco et au curry, se mange enroulée dans une feuille de salade. Le sai oua, saucisse laotienne traditionnelle, est aussi à l’honneur.
Lydy, les Comores boulevard National
Bachiroudine Moigni a ouvert Lydy il y a deux ans. Son buffet à volonté comprend une grande variété de plats comoriens : grillades, poissons, plats en sauce. Le riz pilao, sucré et épicé, est le chouchou des clients.
Le couscouma, une galette feuilletée proche du naan, mérite le détour. Le week-end, le restaurant ne désemplit pas. Une réservation est conseillée.
Ubud, un voyage balinais à Castellane
Avi Nuvul, cheffe originaire de Java, dirige Ubud. Sa mission : faire découvrir les saveurs de Bali. Le nasi goreng, ce riz frit au kecap manis, échalote et ail, est un classique.
Le laksa au curry et le pepes ikan, une dorade cuite dans des feuilles de bananier, complètent ce tableau. Le tataki de thon aux épices sambal matah est la suggestion du moment.
Les adresses pour poursuivre l’aventure gastronomique
Voici une liste de huit restaurants exotiques pour organiser votre propre tour du monde culinaire :
- 🍽️ Rimal – 35 rue Vacon (1er) – cuisine palestinienne
- 🍋 La Chola – 59 rue des Trois Frères Barthélémy (6e) – cuisine péruvienne
- 🌿 Bereket – 5 boulevard d’Arras (4e) – cuisine éthiopienne
- 🌶️ Afghan Restaurant – 10 rue de Jemmapes (1er) – cuisine afghane
- 🍢 Chez Darko – 175 boulevard de Saint-Marcel (11e) – cuisine serbe
- 🥢 Khantok – 26 rue Georges (5e) – cuisine laotienne
- 🍛 Lydy – 358 boulevard National (3e) – cuisine comorienne
- 🌺 Ubud – 8 rue Louis Maurel (6e) – cuisine balinaise
Chaque table est une porte ouverte sur une culture, une histoire, des saveurs. Marseille n’a jamais été aussi proche du monde.

Journaliste franco-marocain installé entre Marseille et le Tarn. Douze ans à couvrir les filières agricoles, deux livres sur le safran français, un podcast mensuel avec des paysans-cuisiniers.